Ciné-déjeuner 24 mars 2011 : ACT Media Diffusion

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Pour aller plus loin :

  • Extrait du blog de Denys Piningre

Chatila, les femmes et les enfants... est centré sur le "Chidren & Youth Center" (CYC), emblématique pour deux raisons : c’est le seul bâtiment à Shatila qui dispose devant son entrée d’un espace ouvert où les gens peuvent se croiser, s’arrêter et se rencontrer, c’est aussi un lieu où les enfants non scolarisés dans les écoles du quartier (payantes, même les écoles publiques) peuvent venir gratuitement recevoir des enseignements laïques, de la maternelle au niveau du brevet et même au-delà.

Financé par des dons provenant d’ONG étrangères, totalement areligieux mais absolument résistant, c’est aussi un endroit où l’on enseigne ce qu’est la Palestine, où l’on maintient vivante son histoire, sa culture, ses traditions. Il est dirigé par un homme de 62 ans, Abu Moudjahed, né en Palestine, qui a émigré de force en 1948 à l’âge de quelques mois au Liban au moment de la Nakba, et qui a investi toute son énergie depuis des années dans le projet et la construction de ce Centre.

Aujourd’hui plusieurs centaines d’enfants fréquentent le CYC régulièrement, où l’enseignement est prodigué par des bénévoles et souvent par des jeunes qui y ont été élèves.

Le film montre la vie dans le camp, il est construit autour de quatre personnages principaux :

  • Abu Moudjahed qui connaît par cœur l’histoire de Shatila, celle de la Palestine et est une personnalité très respectée par tous les habitants du camp, de 0 à 100 ans...
  • Abeer Kassem, 26 ans et qui prendra la suite d’Abi Moudjahed lorsque celui-ci passera la main. Elle est compétente, dévouée, motivée et rayonnante...
  • Dr. Mohamed Khetib, médecin, sexagénaire également, qui a accompagné son vieux compagnon Abi Moudjahid tout au long de l’édification du CYC. Il a créé un musée de la Palestine dans Shatila, en rassemblant divers objets évoquant la vie d’autrefois, d’avant 1948, d’avant la Nakba.
  • et enfin Nohad Hamamd, la lumineuse responsable de Najdeh, association de femmes installée non loin du CYC, dont l’activité se partage entre la formation professionnelle pour permettre aux femmes de postuler à des emplois qualifiés, et l’artisanat traditionnel (notamment la broderie, identitaire puisque ayant des motifs spécifiques correspondant à chacun des villages de Palestine).

J’ai tourné en deux fois, juin et décembre 2008, l’année des 60 ans de l’existence du camp, et le deuxième tournage a eu lieu au moment des bombardements de Gaza par l’armée israélienne, l’ambiance à Shatila était alors très chaude.

Le tournage de ce film a été autoproduit, dans le cadre d’une petite association de Bagnolet, "Chatila, les enfants de l’espoir", qui contribue à permettre au CYC de Shatila de survivre.

(...)

Je rentre de Beyrouth où j’ai passé une semaine plutôt éreintante mais surtout très riche !

A Chatila, les constructions s’empilent les unes sur les autres
du fait du périmètre restreint du camp (ou devrait-on plutôt dire "ghetto" ?)

D’abord, j’ai montré pour la première fois et à deux reprises le film Chatila, les femmes et les enfants... (les premières minutes de film sont là : http://www.youtube.com/watch?v=5TrIOZk01MA&feature=digest )

La première fois, c’est en présence du groupe qui m’avait sollicité pour aller là-bas avec la perspective d’un autre projet de film, une équipe de bénévoles d’une ONG de Base-Normandie,le CRPL (Comité d’aide humanitaire de la Vallée du Sarthon aux Réfugiés Palestiniens du Liban), qui aide les Palestiniens réfugiés depuis une dizaine d’années et avec qui, Jean-Yves et moi, avons visité plusieurs autres camps. Assistait également à la projection Abu Mudjahed, le directeur-fondateur du Children & Youth Center (CYC) de Chatila, qui est l’un des principaux protagonistes de ce film. Les réaction à cette projection, qui représentait pour moi un test, ont été très bonnes : émotion et propos politique reçus à 100 %, mon objectif semble donc atteint.
La seconde projection, quelques jours plus tard, a eu lieu au sein même du CYC, devant un public qui pour moitié ne parlait ni le français ni l’anglais, les deux langues du film. Pour moi cette projection était très importante, plus encore que la précédente parce que se déroulant dans le lieu même où j’avais posé ma caméra 18 mois auparavant.

Là encore, beaucoup de réactions, des Palestiniens regrettant que je n’en ai pas montré plus sur leurs conditions de vie misérables, et pas mal d’autres réactions de visiteurs étrangers disant tous que ce film est bien pour qui ne connaît pas cette situation. A la suite de la projection, le directeur du CYC (principal protagoniste de mon film) à prononcé un discours impressionnant de conviction pour raviver l’esprit de résistance parmi les siens.

Après ce voyage que j’ai trouvé très instructif, l’idée est devenue évidente de la nécessité de faire un nouveau film centré sur la question de la santé (de quelles maladies souffrent les Palestiniens réfugiés et quels sont leurs -maigres- moyens pour s’en prémunir ou se soigner).

C’est le cas grâce notamment à la richesse des intervenants que nous avons rencontrés, responsables d’équipements ou de centres de formation aux professions sanitaires, et c’est aussi pour montrer cette réalité qui est à la fois un constat de la gravité de la situation et l’évidence de l’engagement des Palestiniens à chercher et trouver des solutions, avec toute leur énergie et aussi le soutien qu’ils reçoivent, de manière toujours insuffisantes, des gens de la diaspora et des associations étrangères qui les accompagnent et les financent.

Nous avons pu visiter un hôpital dans un camp, et une école d’infirmières dans la plaine de la Bekaa, nous avons parlé longuement avec Rajah Musleh, un médecin palestinien responsable d’un centre de formation aux professions paramédicales.
Je prépare un texte pour présenter ce projet et rechercher, cette fois encore, les financements qui lui permettront de se concrétiser.

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