Femmes autochtones disparues et assassinées au Canada : une longue histoire d’oppression et de dépossession

Publié le : , par  Sophie GERGAUD

Article écrit pour le CRID dans le cadre du séminaire "Enjeux et rôles des peuples autochtones dans les mobilisations sociales et environnementales" du 29 mars 2016, co-organisé en préparation au FSM par le CRID, le Cedidelp, De la Plume à l’Ecran et le Fondation France Libertés.

« Aucune relation n’est plus importante pour moi — et pour le Canada — que celle que nous entretenons avec les Premières Nations, la nation métisse et les Inuits ». C’est ce qu’avait déclaré Justin Trudeau, Premier ministre canadien nouvellement élu, devant l’Assemblée des Premières Nations en décembre dernier. Depuis, il semble décidé à tenir ses engagements puisque les mesures, annoncées par son gouvernement en début d’année, révolutionnent quelque peu l’histoire mouvementée des relations fédérales avec les peuples autochtones.
Déplorant le génocide culturel qui les a frappés, le gouvernement Trudeau prévoit en effet d’investir la somme de 8,4 milliards de dollars sur cinq ans et c’est un vaste chantier de construction et de rénovations qui doit se mettre en place dans toutes les réserves du pays, dans l’espoir d’y améliorer les conditions de vie incroyablement misérables. Des écoles aux garderies préscolaires, des cliniques aux refuges pour sans-abris, des logements aux infrastructures de traitement des eaux, tout y passe. Sans oublier la douloureuse question des violences faites aux femmes : 40 millions de dollars sur deux ans ont été budgétés pour lancer l’enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées, ce à quoi s’était engagé Justin Trudeau pendant sa campagne électorale.
Alors que le lancement de la commission d’enquête a été officiellement annoncé le 8 décembre 2015, la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, est actuellement en tournée dans tout le pays pour rencontrer les familles, les survivantes et les représentants autochtones. Elle souhaite connaître leurs attentes afin de pouvoir ainsi définir précisément le mandat de l’enquête nationale. Et on imagine à quel point ces attentes sont particulièrement fortes du côté de celles et ceux qui se battent depuis plusieurs décennies pour que ce véritable féminicide soit reconnu et que des mesures efficaces soient enfin prises pour y remédier...

(...)

Les attentes vis-à-vis de la Commission d’enquête nationale sur les femmes disparues et assassinées sont à la hauteur de la tâche qui attend le gouvernement Trudeau : gigantesques. Et si le douloureux mais nécessaire chemin vers la réconciliation semble amorcé, il faut espérer qu’il saura enfin intégrer les avis, témoignages, projets et initiatives développés par les autochtones eux-mêmes, seule garantie d’un changement permanent et radical.

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Femmes autochtones disparues et assassinées au Canada : une longue histoire de dépossession et d’oppression - Sophie Gergaud

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Synthèse séminaire "Enjeux et rôles des peuples autochtones dans les mobilisations sociales et environnementales"

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